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Quelqu'un à bercer

Programme de CÂLINS

Pour que nos aînés ne soient plus oubliés.

Ensemble, donnons des bébés à bercer et à aimer.


Quand la mémoire s'efface, quand les mots disparaissent, quand les visages deviennent flous — une chose reste, tenace, profondément humaine.

Le besoin d'aimer.

Pas seulement d'être aimé. D'aimer.

Nos proches ont passé une vie à tenir. À bercer. À protéger. À nourrir. À veiller. Ce n'était pas seulement ce qu'ils faisaient — c'était aussi ce qu'ils étaient. Et l'Alzheimer peut prendre beaucoup. Mais je vois, chez ma mère, que cette part d'elle est toujours là.



Quand ma mère tient sa poupée dans ses bras, nous pouvons être assis juste à côté d'elle : c'est sa petite qu'elle regarde.

Ses yeux, ses mains, sa voix — tout se tourne vers elle.

Au début, je ressens une petite piqûre de jalousie. Je suis là, sa fille, et c'est cette poupée qui a toute son attention.

Puis je la vois la protéger, lui parler, la bercer. Sa petite a besoin d'elle, et ma mère répond à ce besoin avec une tendresse qui semble lui venir tout naturellement.

Je ne sais pas ce qu'elle reconnaît en sa poupée. Peut-être y voit-elle l'un de ses enfants — moi, mon frère ou ma sœur. Ou peut-être simplement un enfant qui a besoin d'être aimé. Qui a besoin d'elle.

Mais je vois ce qui est encore là, aujourd'hui : sa capacité d'aimer, de prendre soin, d'être présente.

L'Alzheimer n'a pas pris ça.

Les bras vides ont besoin d'être remplis.

D'amour.

Une aînée souriante, assise dans un fauteuil, berce une poupée emmaillotée de rose

Une poupée ne remplace pas une visite.
Une peluche ne remplace pas une présence.
Rien ne remplace votre amour.

Mais dans les nuits longues.
Dans les week-ends où personne ne peut venir.
Dans les moments d'anxiété, de peur, d'agitation —

Il y a quelqu'un à tenir dans ses bras.
Quelqu'un à bercer, à consoler, à protéger.

Et dans ces moments-là, ma mère s'apaise. Je la retrouve dans ses gestes, dans sa voix, dans toute l'attention qu'elle donne à sa petite.

Elle n'est plus seulement la personne
dont on prend soin.
Elle est aussi celle qui prend soin.

Je peux vous montrer ma mère. Je peux raconter ce que je vois quand elle tient sa poupée. Je n'ai pas le droit de filmer les autres aînés.

Mais je pense à eux. À celles et ceux qui aimeraient, eux aussi, avoir quelqu'un à bercer dans leurs bras.

À celles et ceux qui traversent de longues heures de solitude.

À l'aîné qui erre la nuit en cherchant quelque chose qu'il ne peut pas nommer.

À celle qui demande où sont ses enfants — encore et encore.

À celui qui devient agité au coucher du soleil et qui peine à trouver le calme.

À celle qui a tant pris soin des autres et qui voudrait encore bercer quelqu'un.

À celui qui ne parle plus, mais dont les bras savent encore tenir un bébé.


C'est pour eux que nous avons créé Quelqu'un à bercer. Grâce à la générosité de la communauté, le programme offre gratuitement une poupée ou une peluche neuve à un aîné vivant en CHSLD, en RPA ou en RI.

Une présence à tenir dans ses bras.
Une occasion de bercer, de protéger, d'aimer.

Je pense à tous ces bras qui ont bercé des enfants, consolé des chagrins, protégé des êtres aimés. À tous ces bras qui peuvent encore offrir de la tendresse aujourd'hui.

Aidons-nous à remplir les bras de nos aînés.

C'est pour cette raison que nous faisons ça.

Deux poupées. Prises dans les bras aussitôt.

Anne-Sophie, préposée aux bénéficiaires au CHSLD de la Côte Boisée, à Terrebonne, a acheté deux poupées pour des résidents. Ils les ont prises dans leurs bras immédiatement.

Selon Anne-Sophie, plus de 100 personnes dans ce CHSLD auraient besoin d'une poupée. Et ce n'est qu'un seul CHSLD.

Rejoignez-nous.
Ensemble, donnons des bébés à bercer et à aimer.


Programme Quelqu'un à bercer est une initiative de CÂLINS, mouvement communautaire de La Voie des Aidants, dédié à la dignité et au bien-être de nos aînés.

Pour que nos aînés ne soient plus oubliés. 🤍